top of page

La quête chromatique : de l'émotion à la matière

Depuis toujours, je suis fascinée par la couleur et la matière. Enfant déjà, je les explorais à travers la contemplation, la photographie, les textiles ou encore la décoration. Les couleurs ont ce pouvoir rare de me toucher profondément, de provoquer une émotion immédiate. C’est cette émotion que j’ai voulu recréer de mes propres mains.

L'ART DE L'EMAIL

La chimie des émaux haute température

Mon envie d’aller plus loin m’a conduite à étudier la chimie des émaux. Formée à la chimie des émaux haute température à l'Atelier Chemins de la Céramique de Montreuil, je consacre plusieurs heures chaque semaine à la recherche en laboratoire.

Pour naviguer dans cet univers infini, je m'appuie sur les travaux de Daniel de Montmollin. Ma pratique est un équilibre entre la rigueur scientifique de la chimie et la curiosité créatrice.

 

L'univers de l'émail est un univers infini où chaque cuisson est une surprise. Aujourd’hui, je façonne mes propres couleurs, textures et effets — dégradés subtils, craquelures délicates, reliefs inattendus. 

Je travaille quasi exclusivement avec des oxydes naturels, réservant les colorants de masse à la teinture de mes engobes. Plus difficiles à contrôler et à anticiper, les oxydes n'en sont que plus fascinants dans leur comportement. 

Composition minérale et éthique des composants bruts

Il est vrai que je n'apprécie guère le rendu des émaux du commerce. Mais ma motivation pour créer mes propres émaux va bien au-delà des considérations esthétiques. C'est une volonté de comprendre et de maitriser. Car, comme en cuisine, faire moi-même me permet de connaître avec précision la composition des bains d'émail que j'utilise. Et donc de savoir quand et pourquoi je travaille avec des ingrédients sains ou potentiellement nocifs. Car je les respire, les manipule et les fais vivre chez vous.

Je privilégie les 'ingrédients bruts' aux solutions toutes prêtes : silice, kaolin, feldspath, craie, dolomie, magnésium...etc. Dans une démarche de santé et de respect de l'environnement, je concentre mes recherches sur les oxydes les moins nocifs tels que les oxydes de fer, le rutile, le strontium,...sans encore avoir le courage de totalement exclure le cuivre ou le cobalt produisant des couleurs que je ne parviens pas à obtenir autrement.
 
En revanche, le cadmium, le plomb, le barium ou autre vanadium ne passeront jamais le seuil de l'atelier.
 

 

 

 

 

 



Le laboratoire d’expérimentations
 

Chaque nouvel émail est le fruit d'une longue série de tests. Je réalise mes propres expérimentations, en utilisant notamment la méthode triaxiale ou linéaire. Cette approche rigoureuse me permet d'interpréter précisément les réactions chimiques au four en observant l'influence de chaque composant sur le rendu final.

 

Le développement d'un émail stable et esthétique est une tâche ardue, qui exige une grande discipline. Toutes mes tuiles d'essais sont minutieusement annotées et répertoriées dans un carnet de recherche où je consigne chaque recette et sa courbe de cuisson associée. J'ai même imprimé mon propre livre de recettes d'émail (couverture ci-contre) et partage mes découvertes sur mon compte Instagram.

À ce jour, j'ai constitué une bibliothèque de plus de 700 textures exclusives propres à l'atelier, dont je sélectionne les plus singulières et les plus cohérentes pour mes collections.

Stockage de matières premières minérales : Feldspath, Silice et Kaolin pour la création d'émaux.
Résultat d'un test d'émail selon la méthode linéaire, avec 3 bases différentes et essais de superposition
Couverture d'un livre de recette d'émaux haute température, avec photographie macro d'un émail turquoise
bottom of page